Nouvelle ministre brésilienne au secrétariat des Politiques pour les femmes, Eleonora Menicucci pourrait bien incarner une nouvelle ère dans son pays. Ex-guérillera et amie de Dilma Rousseff, l'actuelle présidente - elles étaient codétenues pendant la dictature -, Eleonora Menicucci, 67 ans, promet de défendre la légalisation de l’avortement.

Titulaire d’un doctorat en sciences politiques et issue du Parti des travailleurs, cette féministe de longue date est professeur en santé publique à l’université. Elle a également reconnu publiquement avoir eu recours deux fois à l’avortement. "J’ai des relations avec des femmes et des hommes, et je suis très fière de ma fille qui est lesbienne et a eu un enfant par insémination artificielle." Un vrai bouleversement au Brésil, alors que la controverse sur l’avortement avait particulièrement marqué la campagne présidentielle de 2010.

Le Brésil se fait remonter les bretelles

Un sujet délicat dans ce pays. Dilma Rousseff s'est dite personnellement favorable à l'avortement mais a dû, pour se faire élire, s'engager à ne pas le légaliser sous la pression de l'opinion publique. Son gouvernement a récemment été dénoncé par l'ONU qui l'accuse de n'avoir pas agi pour éviter la mort de nombreuses femmes lors d'avortements à risque.

En ce moment même, une proposition de loi est en discussion devant le Parlement pour inscrire dans le droit brésilien un véritable statut de l'enfant à naître. Le droit des brésiliennes à disposer de leur corps n'est pas encore gagné.