Elle a 25 ans, c'est la nouvelle icône de la scène musicale angolaise. Ses chansons sont diffusées sur toutes les radios, les sonneries de téléphones portables reprennent ses refrains et, consécration suprême, elle a même été invitée au Concert annuel des divas, un énorme show télévisé en présence du président de la République.

Mais Titica n’est pas qu’une artiste à la réussite fulgurante. Car Titica est née garçon. Transsexuelle et lesbienne, elle détonne dans un pays catholique où l’homosexualité reste un tabou. Jusqu’en 2010, le code pénal prévoyait une peine de travaux forcés pour toute personne soupçonnée d’homosexualité.

Humiliée et battue

Elle dit s’être toujours sentie femme. "Je jouais avec des poupées, je ne restais qu’avec des filles et je faisais tout comme une femme, raconte la chanteuse. Je ne savais pas ce que cela voulait dire mais je savais que j’étais différente des autres enfants", explique-t-elle. Rejetée par sa famille à cause de son homosexualité, elle a été moquée, humiliée. "J’ai même été battue à cause de mes préférences sexuelles, les gens sont très sévères envers les personnes comme moi."

A 16 ans, elle entame les démarches pour se faire poser des implants mammaires. "C’était comme s’il manquait quelque chose dans ma vie, mais après la chirurgie, je me suis sentie tellement mieux. Je me sentais plus moi, confie-t-elle. La Titica que vous voyez aujourd’hui en face de vous, c’était celle qui était enfouie tout au fond de moi."

Changer les mentalités

Dans ces clips et sur scène elle n’hésite pas à jouer la provocation. Dans ses chansons, elle parle des différences sexuelles, des discriminations. Et espère contribuer à faire changer les mentalités. "Les gens sont encore bien fermés sur le sujet mais, grâce à Dieu, les mentalités commencent à s’ouvrir et ça va continuer. De plus en plus de gens vont s’habituer."

Signe de changement : Titica est de plus en plus invitée à chanter dans des fêtes privées organisées par des membres du pouvoir.