Bottes, bottines, chaussons, mules et escarpins. Elle est avant tout connue pour son inestimable collection, un soupçon mégalomane, de 2 700 paires de chaussures.

La compulsive fashionista Imelda Marcos est l’ex-première dame des Philippines, connue pour ses fringales de mode. Chanel, Ferragamo, Givenchy, Dior, des goûts de luxe aux frais de l'Etat. Elle s'est même fait une petite renomée dans l'univers de la mode pour sa griffe de robe en "épaules pointues".

Sa carrière a plutôt bien commencé: reine de beauté à dix-huit ans, elle devient par la suite "Miss Philippines". Elle embrasse alors une jolie carrière musicale et se tourne tout naturellement vers le show business lorsqu’elle devient chanteuse. A la une des magazines, elle est baptisée "Muse de Manille" (la capitale). Rien que ça.

Cinq millions de dollars en shopping

Durant le mandant de son époux Ferdinand Marcos, de 1965 à 1986, Imelda est de tous les fronts et ne peut s’empêcher de donner un coup de main, elle se met donc au service de l'Etat, nommée successivement gouverneur de Manille, ministre de l'Habitat et ambassadrice plénipotentiaire et extraordinaire.

Investie pleinement de ses fonctions, elle organise de grands évènements publics (et coûteux par la même occasion) : plusieurs millions de dollars pour l'élection de Miss Univers, mais c'est pour la bonne cause. Surnommée "papillon d'acier", ou encore "papillon de fer", elle lance une série de constructions pharaoniques. En une année, le gouvernement contracte autant de prêts que pendant les deux décennies précédentes.

Un train de vie que l’on pourrait, si l'on osait, qualifier de faste. D’ailleurs, une anecdote amusante : lors d'une de ses tournées de lèche-vitrine dans les capitales les plus "hype", le couple présidentiel déleste l’Etat de pas moins de cinq millions de dollars (3,7 millions d'euros). Car Madame la présidente voit les choses en grand, elle affrète un avion spécial pour l'Australie afin de recouvrir sa plage privée de sable blanc. Un menu plaisir. Sans compter son autre collection de 175 œuvres d'art, dont Michel Ange et Botticelli tout de même.

Des talons qui clignotent

Mais toutes les bonnes choses ont une fin. Le couple doit s’exiler, chassé par un soulèvement populaire. Accusée avec son mari de détournement de milliards de dollars, elle sera acquittée.

On découvre alors dans les sous-sols de l’Elysée local sa célèbre collection de chaussures dont une paire à talons hauts lumineux qui clignotent pour les grands événements, une robe traditionnelle pare-balles, quinze manteaux en vison, 508 robes et un petit millier de sacs à main. Des biens acquis "légalement" selon Imelda, aujourd’hui âgée de 82 ans.

Revenue de son exil, elle ouvre le "Shoe Museum", qui présente, entre autres, 1 200 de ses paires de chaussures. Selon la direction du musée, "un trésor national qui fait partie de notre histoire". Pas rancuniers, les Philippins.



Pour vous faire une idée de sa collection de chaussures, c'est ici.