Désignée comme "l'homme fort du groupe", Nina Wallet Intalo est la seule femme dirigeante du Mouvement national de libération. Ce mouvement défend l'indépendance du Nord du Mali, récemment proclamée par la rébellion touareg mais non reconnue par le Mali et la communauté internationale.

Exilée en Mauritanie et surnommée "la pasionaria indépendantiste des Touareg", elle négocie avec le gouvernement de Bamako. Des négociations qui se compliquent par la présence d'Al Quaïda au Maghreb islamique sur le terrain.

Business woman

A 49 ans, elle n'est pas novice en politique. Depuis près de trente ans, elle défend la cause des Touareg à travers le monde. Licenciée de droit public, elle a également connu une belle carrière dans les affaires, en fondant une société de nettoyage qui emploie 250 salariés en Côte d'Ivoire.

On lui a prêté des amants célèbres, tel Félix Houphouët-Boigny, père de l’indépendance de la Côte d’Ivoire et beau-frère, ou encore Mouammar Kadhafi, l'ancien dictateur libyen, un amoureux encombrant avec qui elle dément catégoriquement avoir eu une liaison. Elle s'est mariée, a eu trois enfants et a divorcé, deux fois.

Maire sans mairie

Elue maire d'une ville du nord du Mali, elle n'a jamais pu exercer ses fonctions, les islamistes l'en empêchant. Car elle est femme. Dans une interview, elle explique: "Les islamistes, qui commençaient à s'installer dans la région, ne voulaient pas d'une femme. Tous les cadis et marabouts traditionnels avaient tranché en ma faveur. Mais finalement, c'est un homme qui a été nommé à ma place."