La misère explose, le chômage grimpe à 95% et le Zimbabwe est classé dernier dans la liste des pays par indice de développement humain. Mais Grace Mugabe, imperturbable, achète des chaussures.

La première dame du Zimbabwe, 43 ans, surnommée "première magasineuse", a un petit faible pour les vêtements de luxe et un goût très prononcé pour tout ce qui brille

Et cela depuis toujours. Elle et son président de mari, 41 ans de différence tout de même, ont vu les choses en grand pour leur union, mariés en grande pompe avec plus de 12 000 invités.

"Est-ce un crime de faire du shopping ?"

On garde en mémoire les virées shopping aux quatre coins du monde (avec une petite préférence pour Hong Kong) de la "The First Shopper". Mais aussi et surtout le mégalo "Graceland", une immense propriété dont la construction a coûté 18 millions d’euros, qui aurait par ailleurs été revendue à l’ex-dictateur libyen Mouammar Kadhafi.

Sa folie des grandeurs s’est également illustrée lorsqu’elle a affrété un avion de la compagnie nationale pour faire ses emplettes dans les boutiques de marques parisiennes, où elle y a dépensé sans compter 81 000 euros dans un seul magasin. Aux critiques, elle avait simplement répondu cette phrase devenue culte : "Est-ce un crime de faire du shopping ?"

Une formule qui s’ajoute à celle, tout autant pertinente, sur son goût prononcé pour les chaussures de luxe: "J’ai les pieds très fins. Je ne supporte que les Ferragamo."

"Gucci Grace"

A peu près du même acabit que sa coreligionnaire philippine Imelda Marcos, une autre fétiche des chaussures -femme de l’ex-dictateur philippin-, célèbre pour sa collection de 2 700 souliers, Grace mugabe s’est également vue affublée de surnoms fleuris, tels "Gucci Grace" ou encore le savoureux et éloquent "Disgrace", honte en anglais.

Le nom de l’épouse du "président" Robert Mugabe, "élu" à la tête de l’Etat depuis 24 ans, a récemment été mêlé à une sale affaire. Au cœur des révélations de WikiLeaks, Grace Mugabe est accusée par une note diplomatique américaine d’avoir gagné des millions de dollars grâce à la vente illégale de diamants. Démenti, attaque en diffamation: son avocat crie au scandale et dénonce une atteinte au respect de "la mère de la nation".

Bien que l'inflation atteigne désormais 231 millions % (oui, oui, vous

avez bien lu, 231 millions %), aux dernières nouvelles, Grace magasinait toujours.