Celle qui ne voulait pas être une potiche
Pas question de rester une jolie plante décorative dans un coin du bureau de François Hollande. Valérie Trierweiler, la compagne du nouveau président, l’a dit et redit : elle ne sera pas une potiche. La nouvelle Première dame de la République française, bien que l’appellation déplaise à la principale intéressée, compte "bousculer" sa fonction, mais "avec douceur".
Du coup, elle a lancé un appel aux suggestions et propose que lui soit trouvé un petit surnom un tantinet moins solennel. Les Etats-Unis n’ont pas traîné, voilà qu’ils l’appellent déjà "The first girlfriend", soit Première petite-amie. Parce que, oh shocking, François et Valérie ne sont pas mariés. Une absence totale de bonnes mœurs "so french" qui fait jaser outre-Atlantique.
Journaliste depuis vingt ans, elle a son métier dans la peau. Invitée sur le plateau du Grand Journal, elle avait déclamé : "Je mourrai journaliste". Pas question pour elle donc de changer de plan de carrière, tant qu’il n’y a pas "collusion" avec la fonction de son compagnon. "Je pense pouvoir continuer à faire du journalisme si je ne traite pas de l'actualité française, quelle qu'elle soit. Je pourrais par exemple, mais ce n'est qu'à l'état de réflexion encore, réaliser des entretiens de personnalités étrangères, ce qui me permettrait de poser une distance saine. C'est une piste." Sa seule limite: "Je ne ferai rien qui puisse gêner François et le gouvernement, ni ne défendrai aucune cause contraire à la diplomatie française."
Pas sa langue dans sa poche
Une chose est sûre : Valérie Trierweiler ne compte pas se contenter d’une situation de femme au foyer. "J'ai besoin de gagner ma vie, d'avoir mon indépendance. J'élève mes trois enfants et ne trouverais pas normal que ce soit l'Etat ou François qui les prennent en charge." "Je n'ai pas de fortune personnelle. Mon indépendance financière est, comme pour des millions de Françaises, une réalité concrète et une priorité."
Silhouette féminine, toujours sur talons hauts, elle avait choisi pour l’investiture de son compagnon une robe de soie en mousseline noire de la marque Apostrophe à 560 euros. Une marque française pour "femmes actives et d’influence" précise le service de presse. Un style vestimenaire qui rompt avec celui de la Première dame de 2007. Cecilia Sarkozy avait alors préféré une robe de la marque italienne Prada à 1 500 euros.
Valérie Trierweiler, 47 ans, est la cinquième enfant d’une famille de six. "Je n'ai pas grandi dans le luxe, mais je ne suis pas Cosette non plus ! (...) En fait, je suis née dans une famille qui n'avait pas beaucoup d'argent". A Paris, elle décroche un DESS à la Sorbonne avant de devenir journaliste. Elle travaille à Paris Match, puis Direct 8, où elle présente des émissions politiques et se voit obligée de passer à la culture lors de l’entrée de son compagnon en primaires.
Mariée deux fois et divorcée, elle n’a pas sa langue dans sa poche, elle est plutôt du genre franche et honnête. Et ne se gêne pas avec François Hollande. "Quand je ne l’ai pas trouvé bon, je lui dis." Chargée de suivre l'actualité du Parti socialiste, c'est par ce biais qu'elle le rencontre. La première fois qu’ils se sont vus, elle travaille à Profession politique. Elle a 23 ans et le futur président 34.
Continuer sa vie d’avant
C'est François Hollande qui tente d'abord de la séduire. Elle résiste, jusqu'en 2005 et un "déclic". Ils entament alors une liaison, bien qu’ils soient tous deux mariés, avec Ségolène Royal pour lui. Ils rompent avec leur conjoint respectif et leur liaison est rendue publique en 2010. Conséquence immédiate, la journaliste de Paris Match se voit retirer la couverture du Parti socialiste, puis elle quitte le service politique.
Surnommée "l’atout charme" de François Hollande pendant sa campagne par son propre journal Paris Match, elle a déjà balayé la question de savoir si son statut de concubine pouvait créer un problème. "Peut-être pour une visite chez le pape?" mais "franchement, ce n'est pas du tout un aspect qui me soucie. Il y a bien d'autres choses qui peuvent m'inquiéter avant celle-là".
Sur le plan diplomatique, elle ne pourra sans doute pas être reçue dans des pays très religieux et attachés à certains principes, que l’on peut certes qualifiés de désuets, comme l'Arabie saoudite, l'Indonésie ou l'Inde. En tout cas, près de huit Français sur dix jugent peu important que le nouveau couple présidentiel ne soit pas uni par les liens du mariage.
Elle aimerait que sa vie continue, comme avant. Continuer d’habiter leur appartement du 15e arrondissement de Paris. Elle aimerait rester normale. Ce qui paraît compliqué, Madame la présidente.