Celle qui aimait les colliers de diamants
Glamour, élégante, belle. Elle est la "lumière dans un pays plein de zones d'ombre". Ou encore "la rose du désert". Chouchoute des médias occidentaux, Asma al-Assad, 36 ans à l'allure chic qui ne connaît pas la faute de goût, a la sourire charmeur, volontiers comparée à Carla Bruni ou Rania de Jordanie.
La Première dame syrienne, qui a travaillé dans des banques internationales en Europe, est le visage moderne du pays. Rendez-vous compte: engagée dans l'humanitaire et pour l'émancipation des femmes, elle a même tenté de convertir son mari au libéralisme. Et contrairement à ses prédécessrices, Asma Al-Assad ne se contente pas de faire joli, elle joue un rôle important et participe à de nombreux événements diplomatiques et politiques, et accueille le summum du glamour mondial: Brad Pitt et Angelina Jolie. En bref, une première dame modèle.
Née à Londres, madame Assad est diplômée du King's College en littérature française. C'est d'ailleurs dans cette université qu'elle y rencontre son futur mari et président, Bachar el-Assad, alors étudiant en ophtalmologie. Une romance qui dure comme au premier jour. On peut le dire, si si osons le mot, elle est en quelque sorte une héroïne de roman d'amour. Tel Roméo et Juliette, Bachar et Asma n'étaient pas faits pour se rencontrer. Elle est sunnite, il est alaouite. Mais Bachar la choisie pour épouse contre l’avis de sa sœur et de sa mère.
Une révolte en Syrie ? Quelle révolte ?
Un quotidien britannique vient de publier plus de 3 000 e-mails de la famille al-Assad, datant de juin 2011 à début février, période durant laquelle la répression du mouvement contestataire a dégénéré en guerre civile. Une correspondance qui révèle quelques menus détails de la vie du couple. Asma continue, contre vents et marées, son shopping sur Internet, s'offre une lampe Armani chez le luxueux Harrods, ne se dégonfle pas pour commander quatre jolis colliers de diamants et trépigne d'impatience à l'idée des célèbres souliers Louboutin "mythiques qui sortiront au printemps".
Le couple présidentiel reste imperturbable, préserve son petit cocon d'amour et continue de mener grand train. "Si nous sommes forts ensemble, nous triompherons de cela ensemble", écrit-elle à son mari en référence au soulèvement populaire dans une missive conclue par un émouvant "je t'aime". Car l'amour triomphe de tout, même de la guerre civile qui secoue le pays depuis un an, même d'un massacre de 8 000 morts, même de chars et d'artilleries lourdes qui tuent sans distinction civils et enfants.
La Première dame a récemment invité des humanitaires à discuter de la sécurité. Elle n’a montré que de l’indifférence face à la tragédie qui secoue son pays. "Nous lui avons parlé des meurtres de manifestants, rapporte un participant. Nous lui avons parlé des forces de l’ordre qui attaquent les manifestants, sortent les blessés des voitures pour les empêcher de se rendre à l’hôpital. Elle n’a pas réagi du tout. C’était comme si on lui racontait une histoire banale, quelque chose qui arrive tous les jours."
Elle a un passeport britannique, elle pourrait partir. Elle a choisi de rester. Le régime de son mari est accusé d'avoir commis et de commettre des crimes contre l'humanité. Elle est complice.


